L’USPO s’oppose à la dispensation à l’unité

Dans le cadre de l’examen du projet de loi relatif à la lutte contre le gaspillage et à l’économie circulaire, l’Assemblée nationale a adopté, sans concertation avec les professionnels de santé concernés, un amendement autorisant la dispensation à l’unité des médicaments à partir du 1er janvier 2022.

L’expérimentation réalisée en 2014, à laquelle l’USPO a refusé de participer a été utilisée comme nous l’avions prévu par les députés pour justifier leur amendement.

L’USPO a toujours refusé la dispensation à l’unité. Elle n’améliore pas l’observance, y compris pour les personnes âgées, et est dangereuse pour les patients qui stockeraient des médicaments en vrac dans leur armoire à pharmacie. La disparition des pictogrammes d’avertissement figurant sur les boîtes de médicaments est préjudiciable à la sécurité des patients.

Alors que la sérialisation sera prochainement opérationnelle dans les pharmacies, l’USPO s’interroge sur la pertinence et la cohérence de la dispensation à l’unité dans la mesure où le décommissionnement se fait à la boite.

L’USPO a proposé d’autres dispositifs pour renforcer l’adhésion des patients à leur traitements et le bon usage, lutter contre l’antibiorésistance et ainsi réduire le gaspillage des médicaments.

  • L’utilisation des TROD Angine en pharmacie sera généralisée en janvier 2020, afin de limiter le recours systématique aux antibiotiques.
  • Le PLFSS 2020 prévoit l’adaptation des conditionnements des médicaments par les laboratoires aux nouvelles recommandations en vigueur, limitant ainsi le gaspillage des médicaments.
  • La dispensation adaptée, prévue par l’avenant conventionnel n°19, signé le 19 novembre 2019 par l’USPO, permet d’engager une action de maîtrise médicalisée afin d’adapter la dispensation aux besoins du patient pour les traitements à posologie variable.

L’USPO propose également que le pharmacien soit autorisé à respecter les recommandations de la Haute Autorité de Santé sur les durées de traitement de l’antibiotique prescrit en évitant ainsi de dispenser une quantité inappropriée.

L’USPO appelle le ministère de la santé et les députés à prendre en compte les avancées obtenues pour renforcer le bon usage du médicament et lutter contre le gaspillage pour écarter cet amendement.

La solidarité de toute la profession sur une mesure qui risque de déstabiliser l’économie des officines est indispensable.

Publication : 28 novembre 2019 | Catégorie(s) :